ALLOCUTION DE PANAYOTIS LAFAZANIS LORS DU GRAND RASSEMBLEMENT DE CAMPAGNE DE L’UNITÉ POPULAIRE

NOUS NE SIGNERONS PAS UN NOUVEAU TRAITÉ DE VARKIZA*

NOUS NE LIVRONS NI NE TRAHISSONS, NOUS NE DÉSERTONS PAS, NOUS POURSUIVONS LE NON JUSQU’Á LA VICTOIRE

ALLOCUTION DE PANAGHIOTIS LAFAZANIS LORS DU GRAND RASSEMBLEMENT DE CAMPAGNE DE L’UNITÉ POPULAIRE

Panaghiotis Lafazanis, a adressé l’allocution suivante lors du grand rassemblement préélectoral de l’Unité Populaire, mardi 15 septembre, place Omonia à Athènes :

Démocrates,

Ami(e)s,

Camarades,

Je salue du fond du cœur votre présence massive et militante à ce premier rassemblement de l’Unité Populaire à Athènes.

Je salue tout particulièrement la participation pleine de ferveur de la jeunesse à notre rassemblement. Une participation qui nous emplit d’optimisme et d’espoir.

L’UNITÉ POPULAIRE s’est formée en quelques semaines seulement.

Mais elle semble pourtant provenir de loin. Des meilleures traditions de luttes radicales de gauche, patriotiques, internationalistes et démocratiques de notre peuple.

Si elle provient de loin, elle mène également très loin : à la lutte pour une Grèce libre de tout mémorandum et de tout asservissement. Pour une Grèce indépendante, souveraine, démocratique, progressiste et socialiste avec les travailleurs et le peuple au pouvoir.

L’Unité Populaire est née avec le NON que nous avons opposé, au Parlement, contre le troisième mémorandum. Elle est née pour maintenir vivant le grand OXI de la jeunesse et du peuple lors du référendum du 5 juillet, contre le NAI de la reddition, de l’indignité, de la défaite et de l’humiliation.

Ce OXI du peuple n’a pas été vaincu. Pas plus que ne l’ont été les grands OXI à la dépendance, à l’exploitation et à l’injustice qu’a prononcés notre peuple au fil de son histoire.

C’est par ces OXI que nous sommes restés debout en tant que peuple et en tant que pays, et non par les NAI de la soumission.

L’Unité Populaire est née pour donner une continuation au OXI du 5 juillet. Au OXI de la jeunesse et de l’espoir.

L’Unité Populaire est née pour soutenir, et elle soutiendra ce OXI jusqu’à la victoire finale.

Mes ami(e)s,

Oui, une équipe dirigeante du SYRIZA a démenti les espoirs de notre peuple, oui, cette équipe a tourné le dos à nos grandes luttes unitaires, à nos engagements radicaux et à notre vision.

Oui, une équipe dirigeante du gouvernement et du SYRIZA s’est placée dans le droit fil, avec les mêmes arguments, du sale jeu qu’ont joué en 2010 Yorgos Papandréou et le PASOK puis, en 2012, Adonis Samaras et la Nouvelle Démocratie, aux dépens du pays et du peuple.

Oui, une équipe à la tête SYRIZA a capitulé, oui, elle s’est honteusement livrée en apposant sa signature au troisième mémorandum.

Oui, une équipe à la tête du gouvernement a livré le OXI et nos luttes à Merkel et Schäuble.

Mais nous, peuple de gauche progressiste en lutte, nous n’avons pas signé de nouveau traité de Varkiza, nous ne l’acceptons pas et ne le signerons pas.

Amis Démocrates,

Nous ne nous rendons pas, nous ne trahissons pas, nous ne capitulons pas, nous ne désertons pas, nous ne faisons pas marche arrière.

Nous poursuivons sur notre route. Nous poursuivons avec l’Unité Populaire. Avec plus de détermination et de sens de l’union que jamais. Avec résolution et optimisme.

Nous ne sommes pas, comme nous accusent nos adversaires, le parti de la drachme. Pour nous, la monnaie n’est ni un fétiche, ni un but en soi, mais un moyen et un outil.

Nous visons à constituer le front anti-mémorandum patriotique pour la classe ouvrière et pour le peuple.

Nous sommes le front pour la nationalisation-socialisation des banques. Le front pour le développement productif. Le front pour la justice sociale. Le front contre l’austérité et le pillage fiscal des couches modestes et moyennes. Le front contre le bradage du pays et la soumission.

Ils sont tout autres, ceux qui ont mué l’euro en un objet religieux, en un programme sévère de classes, en une voie unique néolibérale sauvage et en rouleau compresseur social.

Mes ami(e)s

Le dilemme des élections n’est pas Tsipras ou Meïmarakis.

Ces deux partenaires lors de la signature du mémorandum, lundi matin, seront aux côtés l’un de l’autre. Ensemble au gouvernement, avec pour guides le PASOK et le POTAMI.

Le dilemme du dimanche des élections est le suivant : avec l’UNITÉ POPULAIRE pour une voie progressiste anti-mémorandum, ou pour les Memoranda du pillage qui seront mis en œuvre par la Nouvelle Démocratie avec un nouveau SYRIZA ? Un SYRIZA mutant, qui s’est transfiguré en une nouvelle DIMAR, sur la voie décadente de sa fulgurante PASOKisation.

N’accordez aucun crédit aux sondages. L’Unité Populaire sortira puissante des urnes. Et une Unité Populaire forte signifie l’effondrement des memoranda et de leurs soutiens. Avec une Unité Populaire forte, le consensus pro mémorandum et les memoranda eux-mêmes seront jetés aux oubliettes de l’histoire.

Toutes et tous, ensemble pour la victoire. La victoire de l’Unité Populaire. La victoire de la jeunesse, de notre peuple et de la Grèce.

Traduction:Marie-Laure VEILHAN

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*Par l’accord de Varkiza, signé le 12 février 1945, l’ELAS accepte de rendre unilatéralement les armes. Les accords de Varkiza entre les Britanniques, le gouvernement grec Plastiras et l’EAM consacrent la défaite de cette dernière : toutes les unités de guérilleros devaient être dispersées, l’ELAS devait rendre les armes sous 15 jours, l’EAM renonçait à être représenté au gouvernement : en contrepartie le KKE est autorisé à poursuivre ses activités politiques et les combattants de l’EAM-ELAS bénéficient d’une amnistie. L’accord de Várkiza proclama un cessez-le-feu et des élections, ainsi que la promesse d’un référendum sur la nature politique du régime. Mais ces élections se tinrent dans un climat de terreur mené par les milices d’extrême droite.