Déclarations de P.Lafazanis concernant l’attitude inacceptable de la Grèce à l’ONU lors des votes sur les questions de la dette et de la Palestine

11 Septembre 2015

Le leader d’Unité populaire, Panaïotis Lafazanis, a fait les déclarations suivantes à l’occasion de la présentation du livre de Nikos Igglézis, « La révolution du Grexit – Le plan » dans la salle des manifestations ESIEA d’Athènes :

« Ce matin il y a eu deux votes très importants à l’ONU. C’est une honte que la Grèce, certainement sur ordre ou à la suite d’un accord entre le parti Syriza d’Alexis Tsipras et la Nouvelle Démocratie de V. Meïmarakis, se soit comportée dans ces deux votes avec une soumission inadmissible.

Le premier vote concernait une motion présentée par l’Assemblée générale de l’ONU visant à aider les pays endettés à restructurer leurs dettes sans médiation. Il s’agit d’un vote important, très positif et favorable à la Grèce, qui est actuellement l’exemple même du pays endetté. Qu’aurait dû voter le gouvernement grec- ou n’importe quel gouvernement, quel qu’il soit ? Ne devait-il pas dire un « oui » retentissant ? Si bien sûr, et pas seulement dire un « oui » retentissant, mais aussi prendre des initiatives pour que cette motion recueille le plus grand nombre possible de voix à l’Assemblée générale des Nations-Unies. Le gouvernement grec, malheureusement, n’a rien fait de cela. Il s’est rangé du côté des créanciers, des usuriers internationaux. Il s’est rangé à la position de l’UE, qui était de s’abstenir sur ce vote. Et la Grèce s’est abstenue, le gouvernement grec s’est abstenu lors de ce vote. Honte et déshonneur. C’est un coup de poignard contre les intérêts de notre pays. Un coup de poignard dans le dos de la Grèce.

Malheureusement il se confirme, une fois encore, que nous sommes arrivés à cette situation de décadence. Dans ce pays il y a un cheval de Troie interne, qui ne laisse pas le pays se redresser, ni respirer, ni aller de l’avant.

Deuxième vote hier à l’ONU. Il avait trait à la possibilité ou non de l’Etat palestinien de lever son drapeau, comme les autres Etats, devant le siège de l’ONU. Vous savez que la Palestine n’est pas un Etat à part entière de l’ONU, elle n’a que le statut de membre observateur. La question était donc de savoir si la Palestine, avec tous les pays membres de l’ONU, allait lever son drapeau devant le bâtiment de l’ONU. Le vote a été favorable à la Palestine. 119 pays sur 193 ont voté pour la levée du drapeau palestinien.

Mais qu’a fait la Grèce ? La Grèce, là encore, s’est abstenue. Elle s’est abstenue alors que près de la moitié des membres de l’UE ont voté pour ; par exemple la France, la Suède, l’Italie, la Belgique etc… Et la question se pose : qu’est à la fin notre pays ? Un territoire euro-atlantique, à coup sûr. Cela, on le sait. Mais aussi un satellite d’Israël ? Et quels sont les objectifs de cette position ? Sert-elle les intérêts nationaux de la Grèce ? Sert-elle les efforts que nous devons faire pour instaurer des relations économiques et politiques multilatérales dans le monde actuel ? C’est triste. De tels faits montrent la totale soumission avec laquelle les élites économiques et politiques gèrent ce pays. J’insiste sur cela car c’est d’une importance capitale, notamment par rapport aux élections. Il aurait fallu que le pays entier se soulève contre tous ceux qui dans notre pays préparent des plans, donnent des directions et des orientations qui sapent totalement nos intérêts et nous empêchent de respirer et de nous tenir debout. »

Traduction Joëlle Fontaine