Portugal : L’ euro est-il compatible avec la démocratie ?

Sources Iskra ;Telegraphe

BRUXELLES A CREE UN MONSTRE : L’EUROZONE

 

Le Président du Portugal Anibal Cavaco Silva a reconduit le Premier ministre sortant Pedro Passos Coelho.

Le Portugal s’achemine vers une situation très dangereuse : pour la première fois dans l’histoire de l’Union européenne un Etat-membre a décidé d’interdire à un parti de gauche de former un gouvernement.

BRUXELLES A CREE UN MONSTRE : L’EUROZONE

C’est en ces termes que le Telegraph commente la reconduction, par le Président  du Portugal Anibal Cavaco Silva, du Premier ministre sortant Pedro Passos Coelho, après les élections du dimanche 4 octobre qui lui ont donné la victoire mais non la majorité. [Notons que selon la Constitution portugaise c’est au Président de la République de  décider impérativement de la formation du gouvernement ; celui-ci ne peut tomber par la suite que s’il constate lui-même l’impossibilité de gouverner, dans le cas où l’Assemblée refuse les lois qu’il considère comme décisives pour sa politique.]

La coalition de centre droit de Coelho a obtenu 38,6% des voix aux élections, malgré quatre années de lourdes mesures d’austérité. Le Parti socialiste le suit d’assez loin, avec 32,3% des voix, mais son leader Antonio Costa a déclaré mardi dernier qu’il était en mesure de former un gouvernement majoritaire à l’Assemblée. En effet ce parti totalise avec le Bloc de gauche et les communistes 122 des 230 sièges de l’Assemblée, alors que la coalition de centre droit n’en a que 107.

Cette décision du Président du Portugal a suscité la réaction immédiate des partis de gauche qui disposent ensemble de la majorité des voix au Parlement. Mais le Président a jugé la proposition d’un gouvernement de gauche non viable à cause des grandes différences qui existent entre les différentes formations.

Ainsi Coelho ne peut former qu’un gouvernement minoritaire, que les autres partis ont déclaré avoir l’intention de faire tomber à la première occasion. Comme l’écrit le Telegraph, la Démocratie est passée dans cette affaire après le maintien du pays dans la zone euro.

Les socialistes européens sont face à un dilemme. Il est temps pour eux d’affronter cette dure vérité que l’union monétaire est une opération autoritaire de la droite. Bruxelles a vraiment créé un monstre, conclut le Telegraph en se référant aux Etats-membres de l’UE.

traduction Joelle Fontaine