Président de l’Euro, ou Président de la République grecque ? Par Yannis Mertos

Une partie des commentateurs politiques porte aux nues le discours du Président de la République prononcé lors du repas avec le Président Hollande. Ces commentateurs se limitent à quelques traits du discours présidentiel et en laissent de côté l’essentiel, qui se situe sur une ligne mémorandaire intransigeante, celle là même qui est au cœur des malheurs de notre pays.

La propagande Présidentielle

Loin de son rôle institutionnel, le Président de la République Prokopis Pavlopoulos s’est adressé sur un mode quasi propagandiste au Président Hollande en soulignant, comme il ne l’aurait pas dû, le fait que « lors des dernières élections, les grecs (s’étaient) prononcés en faveur du maintien dans l’UE et dans l’Eurozone, conscients des sacrifices entraînés par un tel choix ».

Le professeur qu’est notre Président de la République aurait dû savoir que le 20 septembre, ce n’est pas la question « maintien ou sortie de l’UE et de l’Eurozone » qui a été posée aux citoyens.

De même, Prokopis Pavlopoulos aurait dû être le dernier à pouvoir prétendre que les grecs connaissaient les sacrifices énormes qu’entraînaient leur vote du 20 septembre en faveur des partis mémorandaires (europlekta ?).

Déjà, le troisième mémorandum, les députés qui l’ont voté ne le connaissaient pas. Le simple citoyen aurait pu le connaître, lui qui participait à des élections selon des procédures express, procédures auxquelles Prokopis Pavlopoulos avait apporté une conrtibution déterminante ?

Le rôle mémorandaire du Président de la République

Le Président dela République française François Hollande connaissait le rôle du Président de la république grecque Prokopis Pavlopoulos dans l’engagement pris le lendemain du referendum par toutes les forces politiques grecques de maintenir le pays dans l’UE (il voulait dire dans la zône euro mais il a préféré faire bref). En un mot, Hollande connaissait le sinistre rôle d’auxiliaire joué par Pavlopoulos pour transformer le « Non » en « Oui » et pour obtenir le consentement de Tsipras à un nouveau memorandum catastrophique, le troisième. Tout à fait digne de ses fonctions, notre Président de la République mémorandaire ! Il avait voté en tant que député les mémorandums et leurs lois d’application, il l’a fait à sa façon comme président. Tout à fait conséquent ! Tout naturel également l’éloge du Président de la République Française ! Euro über alles !

Président de la République ? Non ! Président de l’Euro !

Prokopis Pavlopoulos a remercié Hollande parce que ce dernier, selon ses propos,avait au plushaut point contribué à ce que la Grèce, dans des circonstances difficiles, reste dans le noyau dur de l’Euro. Hollande a effectivement contribué au plus haut point à ce que soit signé le troisième memorandum catastrophique et à ce que la Grèce reste dans l’Euro, perpétuant le cercle vicieux de l’étranglement de l’économie grecque et du pillage de son peuple. Mais ce qui est intolérable, c’est que Pavlopoulos érige l’Euro en marque déposée du pays, et qu’il considère à tout prix indispensable le maintien dans la zone Euro, même si cela nous vaut le désastre des mémorandum. Prokopis Pavlopoulos se conduit  en Président gardien  de l’euro  plutôt qu’en président de la République.

Traduction du Grec : Jean-Marie.Réveillon

Yannis Mertos