La troïka commande, le gouvernement grec« aux ordres » exécute.

Le projet de loi du pseudo « programme parallèle » a été retiré dare-dare
Par Nasos Chatzitzakou

Impéritie, combinée à une nouvelle démonstration de soumission totale à la Troïka, voilà ce que cache le retrait précipité du « programme parallèle » contenu dans le projet de loi multiple déposé par le gouvernement SYRIZA-ANEL. Les derniers espoirs de ceux qui avaient cru à « tous les grands mensonges » des actuels détenteurs du pouvoir sont enterrés, deux mois et demi à peine après les dernières élections nationales.
Le projet de loi comportant les « mesures d’accélération de l’action gouvernementale avec d’autres dispositions », contenait des mesures dites de protection sociale, destinées à alléger la crise humanitaire ; mais aussi une série de mesures réactionnaires (comme la promotion de privatisations par des voies détournées dans le secteur de la santé). Après avoir été annoncé (sur tous les tons) par les agents du gouvernement, le voilà… retiré le 25 décembre 2015.
Selon les informations, les raisons du retrait du projet de loi multiple ne sont pas à chercher dans le refus des partis d’opposition pro-mémorandum (Nouvelle Démocratie, PASOK, la Rivière) mais proviennent du véto qu’aurait exercé la Troïka. Les créanciers ont « tiré les oreilles » du gouvernement, qui a retiré le projet de loi en un rien de temps.
Les représentants de la Nouvelle Démocratie, du PASOK et de la Rivière se sont retirés le mercredi 16 décembre de la Commission compétente de l’Assemblée, au cours du travail de révision du projet, dénonçant des dispositions clientélistes et le manque de préparation. Selon leurs représentants, la raison en était l’absence de rapport d’estimation des coûts, tant en provenance de la Comptabilité Générale de l’Etat que de de la Commission Centrale de Préparation des lois.
Ensuite, avec quelques heures de retard, les hommes de la Troïka auraient demandé le retrait sur-le-champ du projet. Faute de quoi ils refuseraient le versement de la tranche d’un milliard.
Immédiatement après, une séance exceptionnelle de la conférence des présidents de l’Assemblée a décidé de mettre un terme au débat, et de ne pas présenter au vote le projet de loi comprenant le prétendu « programme parallèle » accompagné de réformes réactionnaires, dommageables en fin de compte pour une grande partie de la population.
Les informations font mention d’un renvoi de tout débat sur ce projet jusqu’au 7 janvier 2016 au moins. Naturellement, personne ne peut affirmer avec certitude qu’il n’y aura pas encore de nouveau report et, éventuellement, de retrait définitif.
Du côté du Palais Maximou [Le « Matignon » grec NdT], la critique s’est concentrée sur les partis d’opposition. « Il est clair désormais qu’ils assument sans chercher à faire semblant le rôle de « Troïka de l’intérieur » et qu’ils refusent de débattre de quoi que ce soit au-delà des mémorandums et des mesures d’austérité. ». Ces commentaires circulant dans l’entourage du premier ministre ont suscité des questions bien compréhensibles.
Finalement, où est la faute si un projet de loi avec des mesures d’importance mineure, en fait, pour la majorité des citoyens, a été retiré, puisque le gouvernement SYRIZA-ANEL avait tenté auparavant de le présenter comme un… « antidote parallèle » au poison du troisième mémorandum » que ses propres députés avaient voté, avec la Nouvelle Démocratie, le PASOK et la Rivière, au milieu du mois d’août ?
Les réponses arriveront sans doute dans la période qui vient, mais en attendant une chose est sûre : le peuple grec n’a pas à accepter d’aspirines –mêmes coupées en deux- d’un gouvernement qui continue à soutenir avec la dernière audace qu’il a une « colonne vertébrale de gauche », alors que dans le même temps les seuls projets de loi multiple qu’il fait passer au parlement en procédure d’urgence -dans la droite ligne de la tactique antidémocratique des Papandreou, Papadimos et Samaras-, instituent déjà, entre autres, la saisie des habitations principales, l’effondrement de ce qui reste du système d’assurance sociale, l’augmentation d’une imposition déjà écrasante, la régression permanente des droits sociaux et la contraction perpétuelle de l’économie.
En attendant, nous vous renvoyons au commentaire de l’Unité Populaire (Laïki Enotita)

Le gouvernement « aux ordres » retire le Projet de loi incluant le « programme parallèle suite aux réactions de la troïka

Le gouvernement s’est une nouvelle fois ridiculisé jusqu’au dernier degré : Sur instruction de la Troïka, il a retiré précipitamment -pour le remettre à l’année prochaine- un projet de loi bâclé, insignifiant, fait pour la communication, et qui comportait certaines réformes réactionnaires. Ce projet de loi avait été déposé et présenté comme un programme prétendument « parallèle ».
Le pays s’est transformé en un protectorat en liquidation qui est dirigé par un gouvernement d’hommes politiques « au ordres » de la Troïka.

Traduction :Jean Marie Reveillon
Jeudi 17 décembre 2015