NON À L’EXTRADITION DES 5 MANIFESTANTS GRECS AUX AUTORITÉS ITALIENNES

e60b2371-284e-4357-99ac-944965c4dbe5

Par G Bezas

LE FANTÔME DE METTERNICH … PLANE AU-DESSUS DE L’EUROPE
La Chambre d’Instruction siège ces jours-ci (7, 8 et 11 janvier) pour statuer sur l’éventuelle extradition de 5 jeunes citoyens Grecs qui ont pris part à une manifestation de protestation le 1er mai 2015 à Milan (Italie). De nombreuses personnes sont venues témoigner hier (7/1/2016) en faveur des 5 jeunes grecs, parmi lesquels le maire de Aghia Paraskevi, Yannis Stathopoulos, Nikos Choundis, eurodéputé de l’Unité Populaire, Alekos Alavanos, ancien Eurodéputé, Yannis Tolios, économiste et ancien Secrétaire Général à l’Industrie, Dimitris Sarafianos, avocat…
Il convient, pour l’histoire, de rappeler que le lendemain du 1er mai 2015, dans une cafétéria de Milan, la police a procédé à l’arrestation de nombreux jeunes, étudiants pour la plupart, parmi lesquels 5 Grecs originaires de Aghia Paraskevi. Les policiers ont prélevé des échantillons d’ADN et des empreintes digitales, et les ont relâchés sans qu’aucun chef d’accusation ne soit retenu contre eux.
Six mois plus tard, les autorités italiennes émettent un « mandat d’arrêt européen » et requièrent l’extradition des 5 étudiants grecs afin de leur faire subir des interrogatoires et de les faire passer en procès, après détention préventive. La seule accusation retenue contre ces étudiants est qu’ils ont été « vus » parmi la foule qui participait aux échauffourées en marge de la grève du 1er mai. Le 12 novembre, la police grecque pénètre chez les 5 jeunes en Grèce, les interpelle et les emmène à la GADA (Direction Générale de la Police d’Attique) où ils sont détenus pendant 24 heures avant d’être libérés avec obligation de s’y présenter deux fois par semaine.
Ces évènements rappellent la période Metternich où, après la défaite de Napoléon à Waterloo, la politique conservatrice de l’ « alliance sacrée » s’est répandue sur toute l’Europe, assortie de l’interdiction et des persécutions contre toute voix libérale et démocrate.
Il est frappant que, en l’absence de tout chef d’accusation précis, l’extradition de 5 jeunes soit requise, en vue de leur interrogatoire et de leur passage en procès, ainsi que leur détention préventive pour un durée… indéterminée jusqu’à leur procès. Au-delà des charges financières pesant sur les familles pour assurer leur défense en Italie, se pose le problème de la non recevabilité de cette requête. Pour la première fois, l’Italie met en application le « mandat d’arrêt européen » et vise à identifier la protestation politique à des actions relevant du « droit pénal commun ».

On assiste là à une tentative flagrante de pénalisation de la « protestation politique » en général, et de la participation de manifestants originaires d’autres pays. Par ailleurs, la justice hellénique se voit ici dénigrée, puisqu’elle est présentée comme non fiable et incapable de conduire une enquête et de rendre justice dans le cas éventuel d’actions passibles de sanctions de la part des 5 manifestants.
De plus, compte tenu de la sévérité du régime juridique italien par rapport au régime hellénique en matière de traitement de la « délinquance politique », ainsi que du climat d’ « hystérie de la terreur » savamment entretenu, dans les capitales européennes, depuis les attentats, il est fort à craindre que l’extradition des 5 jeunes constituera un « exemple » de lutte de toutes les formes de « désordres » et que ces jeunes deviendront les victimes expiatoires de cette tentative de … lutte contre le terrorisme au niveau européen.

Source iskra.gr

Traduction Marie-Laure Veilhan