Communiqué du ΜΕΤΑ*: les nouvelles mesures contre les retraites ne passeront pas !

ΜΕΤΑ* pour la Grève Générale du 4 Février :les nouvelles mesures contre les retraites ne passeront pas !

Traduit par Jean-Marie Reveillon
Publié le 28 janvier 2016
Source http://www.ergasianet.gr
Cela fait vingt-cinq ans qu’ils « sauvent » le système des retraites, ils lui donnent le « baiser de vie » pour les trente à quarante ans à venir, et tous les trois ans environ, ils prennent de nouvelle mesure de réduction des retraites, des prestations, des pensions et d’augmentation des cotisations et de l’âge de départ à la retraite.
Tous les ministres du travail et tous les gouvernements ont recours à la même « argumentation » : si de nouvelles mesures ne sont pas prises, le système va s’effondrer et les retraites ne pourront pas être payées. Les gouvernements changent, la politique reste la même !
L’actuel gouvernement SYRIZA-ANEL parachève leur travail de destruction, puisque désormais soumis aux injonctions des créanciers, il applique le 3ème mémorandum, et en même temps ce qui restait du 1er et du 2ème.
Cet été, avec le 3ème mémorandum :
• On a augmenté les limites d’âge à 67 ans, et 62 pour 40 ans de cotisation. De cette façon on s’est assuré qu’à l’avenir il était hors de question que personne ne parte à la retraite avant 67 ans ou ne subisse de pénalités supplémentaires, puisqu’aucun travailleur ne réunira ces conditions dans un contexte de chômage généralisé, de travail flexible, et d’emplois « au noir » sans assurance sociale.
• On a diminué les pensions en augmentant les cotisations d’assurance maladie et en modifiant le calcul des retraites.
• On a tracé la feuille de route pour les nouveaux changements en matière de retraite qui sont sur le point d’être mis en œuvre, en commençant évidemment par demander l’autorisation de légiférer à la troïka !!!
Et c’est là que l’histoire devient paradoxale -là-dessus le gouvernement n’a pas tort : la Nouvelle Démocratie, le PASOK et Potami, ont voté cet été les changements qu’ils refusent d’avaliser aujourd’hui.
Ce refus révèle aussi une hypocrisie sans bornes. Cela colle parfaitement avec les propos de Schaüble : C’EST L’APPLICATION DU MEMORANDUM, IMBECILES**.
La « vache » qu’attendaient les créanciers et le « petit chat » qu’a livré le gouvernement, comme l’a dit Madame Lagarde, du FMI, montrent bien l’ampleur des bouleversements qui se préparent. Aujourd’hui, c’est le dernier coup qui est donné au système des retraites. Les pensions (invalidité, etc.) et les retraites décentes seront réservées à la minorité qui pourra payer les compagnies d’assurances privées, pendant que la majorité des travailleurs percevra des prestations d’aide sociale pour subsister et fera la queue à l’hôpital, au dispensaire social et à la pharmacie pour les soins de base.
Les nouvelles mesures concernant les retraites, combinées à la surimposition des travailleurs, des professions libérales, des scientifiques, des travailleurs indépendants, des agriculteurs, des éleveurs et des pêcheurs, ruinent et prolétarisent la classe moyenne ; elles détruisent le secteur primaire de l’économie et condamnent la jeunesse à l’exil.
Tout cela se prépare dans un contexte où notre pays va jusqu’à vendre son argenterie, livrer à des capitaux spéculatifs grecs et étrangers des secteurs stratégiques de l’économie, y compris les banques, pendant que son économie suit immuablement une trajectoire récessive, avec un chômage qui s’est stabilisé à un niveau élevé, des relations du travail dérèglementées, sans application des conventions collectives et avec des salaires de misère.
Il existe pourtant une autre voie, qui conduit à sortir de la dépendance et de la tutelle, dans une Grèce de la justice, de l’égalité et du bien-vivre pour le peuple. Nous ne sommes pas fatalement obligés de suivre le chemin des mémorandums, du chômage, de la pauvreté et de la misère. Ce chemin, nous l’empruntons parce que nous laissons nos adversaires le tracer à notre place.

Nous pouvons changer de cap si nous luttons pour :
• Supprimer les mémorandums, renverser les politiques qui vont avec, et les hommes qui sont prompts à les appliquer ou disposés à le faire.
• Suspendre le paiement de la dette et annuler au moins sa plus grande partie

• Recapitaliser les caisses d’assurance sociales au lieu des banques et faire payer tous ceux qui se sont enrichis en les mettant depuis des années en coupe réglée.
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• Nationaliser les banque et les placer sous le contrôle des travailleurs et de la société, de façon à alimenter en liquidités les branches productives de l’économie et les petites et moyennes entreprises.
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• Simplifier le système des impôts et instaurer une juste répartition des charges fiscales en visant un allègement et une exonération pour les bas revenus, et l’imposition de la richesse produite et du grand capital.
• Mettre fin aux privatisations et à la liquidation du patrimoine public et réintégrer dans le domaine public les branches stratégiques de l’économie et les entreprises qui ont été privatisées, pour en faire les outils du nouvel effort de reconstruction productive du pays.
• Promouvoir un plan de reconstruction productive au profit du peuple, qui procèdera à l’augmentation des salaires, au rétablissement immédiat du salaire minimum à 751 euros et des conventions collectives, à la suppression du travail flexible et du travail intérimaire, au retour à la semaine de cinq jours, à la réduction de l’horaire hebdomadaire de travail, à des embauches massives dans les services de la santé, de l’éducation, de l’aide sociale, de l’administration locale et au renforcement de l’encadrement des organismes de contrôle et des caisses d’assurance sociale.
Ils tentent de nous persuader que seules leurs mesures sont réalistes, et que les propositions énumérées ci-dessus sont utopiques
Mais la seule chose sûre, c’est qu’avec leurs mémorandums et leurs politiques néolibérales nous avons un appauvrissement permanent de la société grecque, des millions de chômeurs, des milliers de migrants et de sans-logis, dont le nombre va encore augmenter avec la libération des expulsions. Nous sommes un pays à la démocratie mutilée, à l’indépendance réduite, la propriété des créanciers, une colonie pour dettes, un camp de réfugiés et de migrants – victimes de l’aventurisme impérialiste – dans la zone du Moyen-Orient et de l’Afrique du nord.
Le seul moyen qu’a notre peuple d’échapper à l’étau des mémorandums et des créanciers est de penser que nous sommes plus forts qu’eux. Et nous sommes plus forts qu’eux, il suffit de le penser.
Mais pour emprunter ce chemin il nous faut affronter les grands intérêts, en Grèce et à l’étranger, et donner la priorité aux intérêts du peuple et du pays, et non aux intérêts du capital, de l’Union européenne et de la troïka.
Le META appelle tous les travailleurs, les chômeurs et les retraités à se regrouper dans un combat commun avec les agriculteurs, les gens des professions libérales et les travailleurs indépendants pour faire barrage au monstrueux système de retraite du gouvernement et des créanciers..
La participation massive à la grève générale du 4 février doit terroriser tous ceux qui nous terrorisent depuis six ans ; elle doit constituer un nouveau point de départ pour le renversement de tous les mémorandums, et de tous ceux qui les mettent en application.

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*META : (Alternative de classe combative des ouvriers et employés) Tendance syndicale, autrefois animée par les militants de Syriza, qui l’ont récemment abandonnée après avoir été mis en minorité. NdT
**Propos tenus récemment à Davos par le ministre des finances allemands à l’adresse de Tsipras. NdT
*** « Nous avions demandé une vache, on nous a livré un chat » déclaration faite au FMI à propos du projet de loi sur les retraites. Les deux citations des dignitaires de l’Union Européenne et du FMI citées dans le texte ont été abondamment commentées dans la presse grecque pour l’immense mépris qu’elles dénotent. NdT