Implication de l’OTAN en mer Égée, la Turquie multiplie les provocations à l’encontre de la Grèce

LA MER ÉGÉE DANS L’OTAN , LA TURQUIE LANCE UN NOTAM[i] ET LE « TCHESME[ii] » POUR DES RECHERCHES

LE GOUVERNEMENT ET L’OPPOSITION (ND) COMPROMETTENT LES INTÉRÊTS NATIONAUX
LE gouvernement Tsipras a à peine eu le temps, avec l’assentiment de la ND, d’accepter à grand renfort de trompettes l’implication de l’OTAN en mer Egée, au nom de l’affrontement du problème des déplacés, réfugiés et migrants, que les implications directes sont déjà là.

La Turquie n’a eu de cesse de jouer la provocation en émettant ses messages NOTAM, qui mettaient en doute l’appartenance grecque de l’îlot de Kivaros, tandis que dans le même temps elle émettait le message NAVTEX (NAVigational TEXt) , tout aussi provocateur, car annonçant que le navire d’études hydrographiques « Tchesmé» allait faire des recherches entre le 16 et le 28 février dans les eaux internationales situées entre Eubée, Skyros et Psara, avec violation de l’intégrité du plateau continental grec en dépit du droit international.
La politique grecque sur le terrain euro-atlantique, tandis qu’elle coupe tout lien et se tourne vers la Russie, ouvre l’appétit de la Turquie en mer Egée et à Chypre, au moment où Ankara est mise en déroute sur tous les autres fronts.
La dernière fois que le « Tchesmé » s’est livré à des recherches en mer Egée remonte au début de décembre 2015. Mais à l’époque le « Tchesmé » était escorté par deux navires de guerre turcs, raison pour laquelle Athènes avait haussé le ton.
La Turquie ressort le « Tchesmé » pour des recherches en mer Egée. Vers quelles zones va-t-il se diriger ?
Après le repérage de la dépouille d’Anastasios Toulitsis, pilote de l’appareil Agusta Bell 212, la zone impraticable de Kinaros, où s’est écrasé avant-hier l’hélicoptère de la Marine Grecque, a été confiée à la responsabilité des officiers et des experts de la commission d’enquête créée pour déterminer les raisons de l’accident, selon le quotidien Kathimerini.
Evangelios Apostolakis, chef d’état-major Geetha, tout comme les officiers engagés dans cette entreprise, a sur le champ souligné que les conditions météorologiques lors de l’accident n’étaient pas les pires envisageables. Les pilotes de ces hélicoptères avaient l’habitude de manœuvrer dans des conditions extrêmement dangereuses en mer et sur terre, dans la mesure où le scénario de ces exercices comprend la lutte anti-sous-marine, le repérage et l’attaque des cibles sur la terre ferme et en mer.
Le pan de falaise sur lequel s’est écrasé l’Agusta Bell avec à son bord Anastasios Toulitsis, Constantinos Pananas et Eleuthérios Evangélou, mesurait environ 290 mètres de hauteur et les restes de l’hélicoptère ont été trouvés à une hauteur d’environ 250 mètres. De sorte que les débris de l’appareil ont été projetés dans un ravin, mais également dans la mer. La profondeur moyenne de la mer dans la zone la plus large est d’environ 70 mètres. Au vu de ces éléments, il est clair que le travail des experts de la Marine Grecque est loin d’être achevé.
Parallèlement, le tragique accident d’hélicoptère a porté au jour les revendications constantes de la Turquie en mer Egée. Après les messages NOTAM délivrés par la Turquie pour la revendication du droit de recherche et de sauvetage sur l’îlot de Kinaros, et leur rejet signifié par Athènes, Ankara revient à l’attaque.
Avant-hier soir, tandis que les recherches sur l’îlot de Kinaros se poursuivaient afin de repérer les trois officiers, et qu’à Bruxelles l’annonce était faite quant aux patrouilles de l’OTAN en mer Egée, le port turc d’Izmir a émis un message NAVTEX (n° 119/16) par lequel il faisait savoir que le navire hydrographique et océanographique « Tchesmé » allait faire des recherches sur la période 16-18 février dans les eaux internationales situées entre Eubée, Skyros et Psara.
Habituellement, le « Tchesmé » ne pénètre pas dans les eaux territoriales de la Grèce, bien qu’il navigue au-dessus du plateau continental, tel qu’invariablement défini par Athènes depuis plusieurs dizaines d’années, et non accepté par Ankara. Rappelons que les derniers messages NOTAM et NAVTEX turcs viennent à la suite de ceux qui avaient été émis à Noël et le Jour de l’An et qui annonçaient pratiquement l’assujettissement complet de la mer Egée pour des exercices militaires.
Pour finir, il a été mentionné que cette année encore (de même que l’an passé), Ankara fait preuve d’une nervosité exacerbée ainsi que d’une fébrilité diplomatique mise en garde pour l’ambassadeur grec à Ankara) au sujet du survol en hélicoptère d’Imia (iv) pour que le ministre de la Défense jette une couronne de fleurs à la mémoire des officiers tombés en 1996.

Traduction Vannesa de Pizzol

source Iskra.gr

[i] Notice To Airmen, message aux navigants aériens.

[ii] Navire d’études hydrographiques