Un accord honteux entre l’Union Européenne et la Turquie

AVEC LA SIGNATURE DE TSIPRAS LA FERMETURE DES FRONTIERES EN EUROPE ET IDOMENI

MASS DEPORTATIONS RÉFUGIÉS, CADEAUX POUR LA TURQUIE

 

A un accord honteux, qui viole le droit international des réfugiés et qui annonce bien d’autres futures Idomeni en Grèce, ont abouti les « négociations à l’orientale » entre l’UE et la Turquie, qui a eu lieu à Bruxelles. Après plusieurs heures de négociations, les dirigeants des 28 pays, y compris Alexis Tsipras, ont adopté une décision commune avec le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu. Une décision extrêmement éloquente dans ce qu’elle dit, et dans ce qu’elle ne dit pas.

Alexis Tsipras et avec lui tous ceux du bloc politique des mémorandums, sont responsables de cette politique criminelle, agissant comme des cintres de Merkel et de Hollande , consentants à la fermeture brutale de la route des Balkans pour les réfugiés. En ayant signé cet accord peu probable à être mis en application, et qui peut être qualifié de  » un trou dans l’eau  » l’Europe se décharge du problème, tout en transformant la Grèce en un grand atelier de misère pour les réfugiés.

Plus précisément :
1 L’accord ne dit pas un seul mot sur la fermeture de la frontière grecque et du couloir qui mène aux Balkans, conséquences directes de cette décision unilatérale, qu’on peut qualifier de coup d’état de la part des pays de Visegrad et des Balkans occidentaux. Les gouvernements des 28, y compris le gouvernement grec, considèrent comme un fait accompli la fermeture de la frontière grecque, du FUROM, de l’Albanie et de la Bulgarie, ce qui signifie la pérennité de ce piège pour les réfugiés qui arrivent en Grèce, et qui a comme conséquence inévitable l’aggravation de la crise humanitaire.

 


2   Tous les migrants qui viendraient en Grèce depuis la Turquie, à compter du 20 Mars, et qui n’auront pas droit à l’asile, doivent être retournés en Turquie. De cette façon, la Grèce qui devient la forteresse de l’UE, elle se charge, en son nom, à pratiquer des expulsions massives des immigrés, alors que la Turquie autoritaire d’Erdogan , est promue de manière arbitraire au rang de «pays sûr» , violant ainsi le droit international .

 

3   La Grèce s’engage à mettre en place en quelques jours seulement sur les îles de la mer Égée un mécanisme énorme (on parle de 4000 employés) qui enregistrera un par un, tous les immigrants venant de Turquie, qui déterminera dans un premier temps, qui, parmi eux a droit au statut de demandeur d’asile politique et qui ne l’a pas, et qui prendra en même temps les dispositions afin d’assurer le transport de ces derniers vers le pays voisin . Toutes ces mesures prendront effet à partir du 4 Avril.

 

En vertu de ce mécanisme, on prévoit l’installation de responsables turcs sur les îles grecques et de responsables grecs sur la côte de l’Asie Mineure. De cette manière, on crée un mécanisme supplémentaire d’une efficacité plus que douteuse et aussi  les conditions d’en éventuel  frottement plus que dangereux entre Athènes et Ankara  qui pourrait dégénérer facilement, surtout ,après l’arrivée de l’OTAN dans la mer Egée.

 

4 La proposition inacceptable de Davutoglu devient officielle :  la Turquie enverra en Europe un Syrien venant de ses propres camps de réfugiés pour chaque réfugié syrien qu’elle recevra de Grèce.

Ceci est encore une autre disposition honteuse et contraire à la Convention des Nations Unies sur les droits des réfugiés, tant plus que  la Turquie n’est pas du tout « un pays sûr », ce qui rend l’odyssée imposée à ces hommes encore plus  inhumaine.  En outre, il est peu probable que cette disposition soit appliquée, car elle se limite au nombre de 72.000 et semble se reposer uniquement aux efforts de la Commission européenne et à la bonne volonté des États membres d’accepter un nombre de réfugiés proportionnel à leur population.

On connait la position de plusieurs pays du nord d’Europe et d’Europe centrale et orientale, à commencer par la Hongrie, qui déclarent haut et fort qu’ils n’ont aucune intention de mettre en application ces mesures.

5   La Turquie se voit récompensé d’une aide financière majorée de la part de l’UE, cette aide passe, de trois à six milliards d’euros jusqu’en 2018. (Pour la Grèce, il n’y a aucune mention explicite). Par ailleurs, la Turquie obtient la promesse de suppression d’obtention de visa jusqu’en Juin prochain, dans la mesure où elle aura mis en place les exigences européennes , ce qui pour le moins paraît douteux ! 

6    En ce qui concerne l’ouverture des différents chapitres qui portent sur les négociations d’adhésion de la Turquie, les 28 ont finalement accepté d’ouvrir , au courant de ce semestre ,seulement le chapitre  33 ( qui porte sur le budget ), et non pas, les cinq chapitres sur lesquels  la République de Chypre a posé son véto. Sur cette question, la menace d’utiliser son droit de veto du président chypriote Nicos Anastasiades (probablement s’appuyant sur le soutien de grandes puissances, comme la France, qui a ses propres raisons) a joué un rôle important.

En revanche, Alexis Tsipras , s’est contenté de signer tout ce qu’on lui présenté devant lui , tout en  célébrant  rétrospectivement , ce nouveau «triomphe»  fatale – pour lui et surtout pour le pays – amputé à Bruxelles …

ntavoutoglou


OBJECTIONS SUR L’ACCORD DU HAUT COMITE POUR LES REFUGIES DES NATIONS UNIES(UNHCR)

 
« La capacité de la Grèce à recevoir les réfugiés et les immigrants, et à traiter les demandes d’asile doit être soutenue et renforcée afin que l’accord entre l’UE et la Turquie puisse être réalisable ; tandis que la Turquie doit faire sa part en garantissant une évaluation juste et rapide des demandes de personnes ayant besoin d’une protection internationale », a souligné aujourd’hui le HCR des Nations Unies.
Dans un communiqué émis, le Haut Comité souligne que les demandeurs d’asile en Grèce devraient avoir « le droit de déposer un recours  » bien avant d’organiser  » leur arrivage en Turquie.  »

Les infrastructures pour  » la réception et tout autre arrangement » devrait être prêts en Turquie avant l’arrivée de qui que ce soit depuis la Grèce. Les personnes jugées comme ayant besoin d’une protection internationale doivent bénéficier de l’asile, sans aucune discrimination, conformément aux normes internationalement acceptées », a déclaré le HCR .

 » Par conséquent, la manière avec laquelle le présent accord s’appliquera, est essentiel. En fin de compte, la réponse devrait se concentrer sur les besoins immédiats des personnes fuyant la guerre et la persécution afin de préserver leur vie », a insisté le Haut-Commissariat pour les réfugiés des Nations Unies.

Source Éditorial  http://iskra.gr/index.php?option=com_content&view=article&id=23778:eu-turkeyagreement&catid=86:expolitiki&Itemid=268

Traduction Magda Kossidas