Panayotis Lafazanis :L’accord UE – Turquie est une ignominie

 

Alexis Tsipras, l’homme à tout faire des eurosocialistes, le caniche politique de l’axe franco-allemand, le « gentil garçon » à la cour des Merkel et Hollande

Panayotis Lafazanis a donné une conférence de presse devant les journalistes d’Edessa et prendra la parole en fin d’après-midi dans un rassemblement politique de Laïki Enotita (Unité Populaire) à Yannitsa.

Dans sa conférence de presse, Panayotis Lafazanis a mis entre autres l’accent sur les points suivants

« Alexis Tsipras a cosigné un accord honteux entre l’UE et la Turquie, qui fait du droit international et de la convention de Genève un chiffon de papier, qui qualifie de « pays sûr » la Turquie, malgré son gouvernement autocratique et répressif et qui, pire encore, aide une Europe xénophobe à se décharger de la question des réfugiés en transformant un problème européen et international en une affaire gréco-turque, plaçant ainsi la Grèce dans l’œil du cyclone.

Alexis Tsipras, à côté du mémorandum économico-social, vient de donner son accord à un mémorandum sur les réfugiés, pour obtenir les bonnes grâces de Merkel et de Hollande. Un mémorandum qui remplira une Grèce dévastée et misérable de centres d’enregistrement des réfugiés et d’une multitude d’Idomeni.

Alexis Tsipras, -et avec lui tous les dirigeants du bloc mémorandaire-, endosse des responsabilités criminelles, parce qu’au lieu de résister et d’utiliser la menace du veto, il a accepté lors du sommet que les frontières de la Grèce avec la FYROM, l’Albanie et la Bulgarie restent fermées, ce qui isole la Grèce du reste de l’Europe et la transforme encore plus en un vaste camp de réfugiés.

Alexis Tsipras, de joueur imprévisible sur l’échiquier européen qu’il était, s’est métamorphosé en homme à tout faire des eurosocialistes, en caniche politique de l’axe franco-allemand, en « gentil garçon » à la cour des Merkel et Hollande

L’accord UE-Turquie, qui pourrait rester lettre morte compte tenu de la complexité de ses mécanismes, -en particulier tout ce qui concerne le transfert d’un nombre restreint de réfugiés en Europe qui dépend de la bonne fois de la Turquie-, est susceptible d’aboutir sur le terrain dangereux d’une crise et d’un affrontement dur entre la Grèce et la Turquie.

Dans son discours, Panayotis Lafazanis a également souligné le point suivant :

« Si le gouvernement Tsipras a remis à Merkel et à Hollande « le pouvoir, la terre et l’eau » sur la question des réfugiés, dans l’espoir de voir le massacre mémorandaire des retraites réduit, l’offensive fiscale atténuée, la pression pour la cession aux fonds étrangers des emprunts à risques allégée, c’était sans prendre en compte l’essentiel… le FMI.

Cette transaction macabre, dans laquelle le gouvernement a l’air d’investir, paraît avoir investi n’est rien d’autre que du vent : le roi apparaît nu.

Des impôts, nouveaux et plus nombreux s’abattent sur les couches moyennes et populaires au moment où les montagnes de dettes accumulées par les ménages, les petites entreprises, les entrepreneurs indépendants et les agriculteurs vis-à-vis du fisc et des banques atteignent des niveaux toujours plus élevés.

Dans le même temps, quartet et gouvernement concluent un accord qui aboutit à la ruine des retraités et à la désintégration des retraites, et qui donne à la Grèce des allures de Bulgarie. »

Dans sa conclusion, Panayotis Lafazanis a souligné que : « La Grèce a plus que jamais besoin aujourd’hui d’un renversement démocratique qui abolira l’austérité et les mémorandums et qui mettra le pays sur la voie de l’indépendance nationale et d’une participation démocratique populaire.

Dans le cadre de cette démarche antimémorandum, le pays a besoin d’un effacement de la dette publique ; d’une seisachtheia (remise de dettes, comme l’avait fait Solon à Athènes il y a 2600 ans NdT) et de mesures de régularisations généreuses pour la dette privée ; de l’arrêt des privatisations, de la nationalisation et de la refondation des banques et des secteurs stratégiques de l’économie ; d’un système fiscal juste avec annulation du ENFIA (nouvel impôt immobilier particulièrement lourd et injuste pour les classes populaires NdT) et avec un seuil de non-imposition fixé à 12000 euros de revenus pour les personnes physiques ; et d’un rétablissements des acquis sociaux que sont les libres conventions collectives.

Un tel programme radical requiert la sortie de la zone Euro et la confrontation avec une Europe allemande, qui devient de plus en plus réactionnaire et totalitaire.

La sortie du pays de la zone Euro et l’édification d’une politique monétaire nationale jetteront les bases d’un grand programme d’investissements publics et privés, avant tout pour les petites et moyennes entreprises, elles provoqueront très vite dans l’économie un développement impétueux et une rapide régénération de ses bases productives dans tous les secteurs, depuis la production dans les secteur primaires et industriels jusque dans les secteurs des nouvelles technologies, ce qui donnera la possibilité de soutenir et de renforcer les salaires, les retraites et les revenus populaires, ainsi que les secteurs de l’éducation et de la santé publique.

Le bureau de presse de Laïki Enotita (Unité Populaire)

19/03/2016

Traduction Jean Marie Reveillon

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