Grèce:Rassemblement sur la place Syntagma contre la liquidation de l’eau et de l’énergie.

Esclandre à la Vouli .D’anciens députés, aujourd’hui dirigeants de Laïki Enotita (Unité Populaire), ont jeté du haut des tribunes de l’Assemblée des tracts contre les privatisations sur les bancs de Syriza

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D’anciens députés, aujourd’hui dirigeants de Laïki Enotita (Unité Populaire), ont jeté du haut des tribunes de l’Assemblée des tracts contre les privatisations sur les bancs de Syriza

 

Un grand rassemblement s’est déroulé hier (27/09) sur la place Syntagma contre la liquidation par le gouvernement SYRIZA-ANEL de six importants DEKO (entreprises et services publics NdT) d’une importance inestimable du point de vue des intérêts nationaux, de l’économie, du développement et de la société, en l’occurrence la DEï ; l’EVDAP,l’EVATH, l’Attikou Metro, l’ELVO et les Ktiriakon Upodomon (dans l’ordre l’électricité, l’eau à Athènes, l’eau à Salonique, la construction de véhicules militaires et les constructions publiques NdT)

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A ce rassemblement contre le transfert des six DEKO en question dans le superfonds de privatisation de la Troïka ont pris part des travailleurs de toutes les entreprises publiques, et en particulier les travailleurs de l’EVDAP, qui ont donné le ton de la manifestation avec leurs tee-shirts caractéristiques et l’inventivité de leurs banderoles et de leurs mots d’ordre.

A ce rassemblement, Laïki Enotita a été également massivement présente, avec de nombreux membres et dirigeants, notamment Panayotis Lafazanis.

Panayotis Lafazanis, en répondant au cours de la manifestation aux questions des journalistes, a fait la déclaration suivante :

« Les ministres du gouvernement tentent d’égarer et de tromper le peuple grec, en lui faisant prendre des vessies pour des lanternes ».

Le troisième mémorandum adopté dans la loi 4336/15 par le parlement -avec l’assentiment commun de SYRIZA récemment converti aux mémorandums, de la Nouvelle Démocratie, du PASOK, et de Potami, mentionne expressemment et catégoriquement :

« L’objectif du fonds est de gérer les actifs grecs d’une taille importante (en l’espèce l’EVDAP, l’EVATH, la DEÏ, l’ATTIKO METRO, l’ELVO, les Ktiriakes Ypodomes) dans le but de maximiser leur valeur, qui sera liquidée à travers des privatisations et d’autres moyens »

000_syllalitirio_nero19Les 6 DEKO partent donc pour être bradées, mais le peuple ne le permettra pas, si nombreux que soient les « oui » au parlement, qui n’exprime pas la volonté populaire.

Le mot d’ordre, le message le plus actuel dans la période est : tous dans la rue, tous dans la lutte, avant qu’ils ne vendent jusqu’au Parthénon »

Dans ce rassemblement étaient également présents les cortèges d’autres organisations de gauches et de syndicats, tels ceux du PAME (Syndicat lié au PC grec NdT) et d’Andarsya, ainsi que la présidente de Plevsi Elevtherias, Zoé Konstantopoulou.

Esclandre à la Vouli: Petrakos et Leoutsakos ont lancé des tracts contre la liquidation dans l’enceinte du parlement.

Les tracts reproduisaient un poème du laureat du prix NOBEL José Saramago intitulé : privatisez tout.

La tension et l’agitation ont régné au parlement avant le vote du projet de loi qui transfère les six DEKO stratégiques dans le superfonds des privatisations, quant d’anciens députés aujourd’hui dirigeants de Laïki Enotita ont jeté du haut des tribunes des tracts contre les privatisations dans les rangs de Syriza.

La nervosité était particulièrement intense et perceptible parmi les députés de Syriza qui ont levé en bloc la main un peu plus tard pour voter « oui » à la plus grande des liquidations sur le point de prendre place dans l’histoire de notre pays.

Les protagonistes de cette action de protestation, qui s’est déroulé pendant le rassemblement, ont été Thanasis Petrakos et Stathis Leoutsakos, dirigeants de Laïki Enotita et anciens députés. Ils sont montés dans les tribunes pour jeter par surprise des tracts contre les privatisations sur lesquels étaient écrits « non à la liquidation », sur les bancs de Syriza.

Sur le tract avait été reproduit un texte du lauréat portugais du prix Nobel José Marago intitulé « Privatisez tout » qui se termine ainsi : « Et tant que vous y êtes, privatisez pour finir la mère qui vous a donné le jour »

Voici l’intégralité du texte de José Saramago reproduit sur le tract jeté des tribunes par les deux dirigeants de Laïki Enotita, anciens députés de Syriza qui ont voté contre le troisième mémorandum :

José Saramago : privatisez tout

« Privatisez tout, privatisez la mer et le ciel, privatisez l’eau et l’air, privatisez la Justice et la Loi, privatisez le nuage qui passe, privatisez le rêve, surtout celui qui a lieu le jour, avec les yeux ouverts. Et pour couronner toutes ces privatisations, privatisez les Etats, confiez enfin votre propre exploitation à des sociétés du secteur privé sur concours international. Car c’est exactement là que réside le salut du monde… Et tant que vous y êtes, privatisez la « … » (putain de NdT) mère qui vous a donné le jour.

José Saramago (prix Nobel de littérature 1998)

L’assemblée, qui était en train de débattre du projet de loi multiple et des présupposés (Conditions imposées par la Troïka pour le versement de « l’aide » NdT), a connu un moment d’agitation, et les policiers de la Vouli se sont hâtés d’expulser du parlement les dirigeants de Laïki Enotita par la force. A cet instant le député de Syriza Christos Mardas, qui se trouvait à la tribune, s’est mis à plaisanter, nerveux et embarrassé, à propos de l’action, en affirmant dans un commentaire que le parlement était un espace d’expression des idées.

De son côté, le député du PASOK Vasilis Kéguéroglou, oubliant que le PASOK a voté tous les mémorandums y compris le troisième de Syriza a voulu… troller Syriza. « Je demande qu’il n’y ait aucune sanction contre nos anciens confrères au parlement. Ils devraient être ici, en bas sur les bancs, et non dans les tribunes » a-t-il déclaré, puis il s’est efforcé en vain d’exploiter l’action des dirigeants de Laïki Enotita, qui visait tout autant son propre parti en concluant à l’adresse des députés de Syriza : « Mais vous les avez envoyés dans les tribunes pour qu’ils ne soient pas présents ici et qu’ils ne vous rappellent pas ce que vous disiez il y a un an. »

Source Iskra

Traduction Jean Marie Reveillon

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