Tsipras, en état de panique, annonce un « dividende social »…de pacotille

…pour une petite part seulement de ceux qu’il a lui-même réduits à la pauvreté absolue.

En annonçant  la redistribution aux retraités touchant des pensions minimales d’un dividende « social », provenant de l’excédent primaire de l’année 2016 souillé du sang du peuple saigné à blanc, et la suspension de l’augmentation de la TVA sur les îles, qui subissent une pression migratoire forte, le Premier Ministre cède d’abord à la panique que lui cause l’effondrement social de son gouvernement.

Par ce geste, il tente également de se trouver des appuis sociaux, dans la perspective des nouvelles mesures antipopulaires auxquelles il a consenti dans le cadre de la 2ème évaluation et du nouveau (4ème) mémorandum. Il vise donc à soutirer la connivence du peuple dans la poursuite de l’application des mémorandums, voués à créer encore d’innombrables pauvres et ultra-pauvres dans les années à venir.

Après que son gouvernement, via le 3ème mémorandum, a parachevé la paupérisation extrême des couches populaires déjà initiée par les gouvernements mémorandaires précédents au moyen du premier et du second mémorandum, et tout particulièrement des retraités touchant de petites pensions, du fait de la suppression de l’EKAS, et juste avant le début de l’application du 4ème mémorandum, le Premier Ministre a annoncé quelques mesures en faveur de ceux que ses propres politiques ont conduits à la pauvreté extrême, illustrant ici l’adage populaire: « Viens donc que je te brûle, viens donc ensuite que je t’enduise de pommade »

Le Premier Ministre a même eu le front de comparer le montant forfaitaire dont il annonçait la distribution aux petits retraités à l’annonce faite par le SYRIZA de l’époque, avant les élections de 2015, concernant l’octroi d’un 13ème mois de pension de retraite aux petits retraités, destiné à être distribué non pas une seule fois, par souci humanitaire, mais chaque année, et d’un montant autrement plus important (700 euros). Cette promesse du SYRIZA d’alors avait été annulée par la signature du 3ème mémorandum.

De plus, ces miettes, qui ne peuvent en rien être comparées à l’ampleur du pillage mémorandaire déjà opéré, ou de celui qui s’annonce encore à l’horizon, ne concernent qu’une toute petite part des 6,3 millions de nos concitoyens qui, du fait des politiques mémorandaires mises en œuvre, vivent désormais ou sont en passe de tomber en-deçà du seuil de pauvreté.

Le peuple, les retraités et la jeunesse réclament le développement, la reconstruction de la production et du travail, des retraites dignes, le rétablissement des relations de travail et des droits liés à celui-ci, des politiques sociales courageuses, le soutien et la revalorisation de l’Enseignement public et de la Santé, et non des miettes de philanthropie gouvernementale, posées là comme une pièce-alibi sur le tissu des politiques mémorandaires assassines actuellement mises en œuvre.

Mais pour garantir tous ces points, il faut d’abord annuler les mémorandums et renverser tous ceux qui les appliquent ou en défendent l’application. Cela signifie qu’il faut provoquer un renversement anti-mémorandum et promouvoir une politique alternative aux mémorandums de l’austérité, une politique de rupture vis-à-vis de la zone euro et de reconquête de la souveraineté monétaire au moyen de l’émission d’une monnaie nationale, une politique d’annulation de la dette publique et d’annulation généralisée des dettes des couches sociales défavorisées, de nationalisation des banques, de reconstruction de la production et de transformation de l’économie et de la société.

Cela suppose tout d’abord la création d’un front politique et électoral très large de toutes les forces de gauche et anti-mémorandums, un front qui, avec les luttes et le soutien du peuple, promouvra cet objectif porteur d’espoir.

MARIA ILIADES

Traduction Marie Laure Veilhan

Source Iskra.gr