La décision du Conseil Politique d’Unité Populaire (15/10/2017)

Par Iskra 17/10/2017

  1. Dans le contexte international règne un climat d’instabilité, de fluctuation, d’aggravation des rivalités et des dangers relatifs aux nouveaux opportunismes impérialistes et interventions. Ces dangers s’intensifient avec la confrontation actuelle des dirigeants des États-Unis avec la Corée du Nord à propos du nucléaire, avec l’expédition des armées américaines en Afghanistan et l’accroissement des dépenses militaires d’environ 700 milliards de dollars, adoptés par le Sénat des États-Unis.

  1. Au cours de cette année également ont continué à se profiler de nouvelles difficultés du capitalisme quant à la gestion d’une nouvelle phase de sa crise, laquelle a débuté en 2007-2008, et sa reproduction durable et cohérente sous la forme de la mondialisation néo-libérale. Cette forme de domination « mondialisée » du capital se voit en outre soumise à des chocs importants, des brèches et des controverses provenant de pans entiers des classes dirigeantes urbaines au sein même des métropoles du capitalisme, lesquelles évoluent selon des logiques de séparation en espaces nationaux et vitaux. Cependant, le modèle néolibéral demeure l’exemple dominant et par conséquent, les principaux fronts idéologiques et politiques nous restent ouverts pour combattre contre le néolibéralisme, l’impérialisme et la guerre.

Dans le même temps, l’incapacité de la gauche et des mouvements sociaux à trouver une issue alternative avec un projet défini dans une direction progressiste et durable, laisse de sérieux vides politiques, qui d’une certaine manière, valorisent et masquent des forces politiques ultraréactionnaires, de l’extrême droite et irrationnelles. Celles-ci invoquent un discours politique prétendument anti-systémique et antimondialiste, sans toutefois remettre en cause sur le fond la gestion néolibérale, confortant en réalité la main de fer avec laquelle le capitalisme s’applique. Il en résulte au final que les politiques concentrent une part très importante du mécontentement des peuples face aux forces politiques traditionnelles et conservatrices ou sociales-démocratiques.

  1. Lors des élections allemandes, les chrétiens-démocrates d’Angela Merkel ont obtenu une victoire à la Pyrrhus, du fait de l’immense revers électoral qu’ils ont essuyé, dû au mécontentement public provoqué par l’austérité permanente qui touche la classe ouvrière allemande. Les sociaux-démocrates ont essuyé un revers, qui s’explique notamment par leur cohabitation avec les chrétiens-démocrates et leur totale subordination aux politiques néo-libérales. Mais l’élément le plus préoccupant et essentiel de ces élections a été la progression impressionnante de l’extrême-droite, laquelle a également bénéficié (exception faite du mécontentement populaire dû aux politiques néolibérales menées), du racisme et de l’islamophobie ambiants. L’ascension des libéraux, d’un parti néolibéral extrême, et leur participation éventuelle au nouveau gouvernement va renforcer l’orientation anti-travailleurs de l’Allemagne et ses tendances hégémoniques dans la zone euro et l’UE. La gauche allemande (Die Linke), dépourvue d’une véritable dynamique révolutionnaire, d’un agenda politique et programmatique, a enregistré une petite progression, laquelle, cependant, n’a pas été suffisante pour inverser la tendance réactionnaire du résultat des élections et surtout la forte progression de l’extrême droite dans les couches sociales populaires et chez les travailleurs.

Le nouveau paysage postélectoral et le gouvernement qui sera formé en Allemagne, auront des répercussions négatives pour les travailleurs allemands, pour les peuples de l’Europe, particulièrement les peuples des pays les plus pauvres de l’UE. La zone euro et l’UE vont suivre des directions encore plus néolibérales et antisociales. La pression sur la Grèce pour une application plus rapide et plus ferme des mémorandums va augmenter, d’autant que le gouvernement lui-même est encore prêt à céder totalement aux exigences des créanciers concernant la troisième évaluation.

  1. La violence et la répression policière mises en œuvre par le régime de Rajoy à l’encontre du peuple catalan le jour du référendum incarnent parfaitement le caractère antidémocratique et anti-populaire qui est le sien. Le soutien donné au régime de Rajoy par l’UE met en évidence le caractère antidémocratique de cette dernière, mais aussi la souveraineté que l’Allemagne y défend : elles se tiennent prêtes à toute éventualité, bénéficiant d’une préparation politique et institutionnelle et dotées d’un projet politique élaboré propres à révéler, dès lors que leurs intérêts stratégiques se voient menacés, comme en Catalogne, leur visage absolutiste. L’UE a soutenu l’extrême autoritarisme du gouvernement espagnol en Catalogne pour réprimer le pouvoir de l’exemple chez tous les autres peuples de l’Europe. Car, si le peuple catalan peut choisir démocratiquement son avenir, alors chaque peuple peut exiger démocratiquement non seulement son indépendance, mais aussi son émancipation sociale. Les développements en Catalogne auront de sérieuses répercussions non seulement en Espagne, mais aussi dans l’UE, car il semble qu’on ait ouvert la boîte de Pandore. Mais le combat du peuple catalan, la direction suivie et l’issue finale devront être jugés à l’aune de nombreux paramètres et notamment de l’intervention de la gauche et du mouvement de la classe ouvrière sur la base de leur orientation révolutionnaire de classe.

  1. L’establishment politico-économique allemand et français, face à la crise profonde que la zone euro et l’UE traversent, avait fait l’enjeu de discussions avant même les élections allemandes concernant une nouvelle architecture de l’UE et de la zone euro, pour pouvoir survivre dans ces nouvelles conditions et répondre de manière efficace aux intérêts du capital financier en utilisant des « matériaux » néolibéraux et antidémocratiques, ceux-là mêmes que l’UEM a créés. Avec ce que l’on appelle le « Livre blanc » des cinq présidents et les propositions de la Commission, on tente de dépasser la profonde crise qui touche le néolibéralisme et la construction antidémocratique qu’est la zone euro, tandis que les solutions proposées reproduisent les termes inéquitables de la participation des pays et des peuples dans le processus d’intégration européenne. En même temps, les textes spécialisés de la Commission consolident les politiques extrêmes et néolibérales d’austérité, la contraction de l’État-providence et des droits des travailleurs, ils accentuent la militarisation et l’agressivité du centre impérialiste qu’est l’Europe sur la scène internationale.

En particulier, Macron, défend le projet d’une nouvelle alliance franco-allemande, laquelle dominera sans partage sur une UE fragmentée en diverses formes et plusieurs vitesses. On assiste à la préséance des grandes puissances économiques, qui, autour d’un axe franco-allemand, conduiront durablement le train de l’UE, tandis que suivront comme de simples wagons tous les pays caractérisés par une diversité de relations avec l’UE, laquelle pourra intégrer encore d’autres membres en s’appuyant sur des traités spécifiques.

Mais après les résultats des élections allemandes, il semble que le nouveau gouvernement allemand n’acceptera pas les propositions de Macron, qui pourraient conduire à ce que sa souveraineté dans l’UE et la zone euro se trouve un tant soit peu sous contrôle et le plus probable est qu’il se tourne vers la direction opposée, c’est-à-dire un renforcement de sa souveraineté. Cependant, une telle zone euro et une telle UE, dont un signe clair a été donné par la tolérance et le soutien que ces institutions ont apportés dans le déferlement de violence et de répression du gouvernement espagnol à l’encontre du peuple catalan, ne peuvent avoir un avenir garanti : il apparaît clairement qu’elles ne peuvent être réformées et qu’il ne reste donc qu’à les renverser. L’idéologie des dirigeants de Syriza consistant à dire qu’ils luttent pour changer l’Europe et la zone euro en suivant une orientation progressiste s’est déjà effondrée, car, bien entendu, ils changent rapidement, mais en suivant une orientation conservatrice et réactionnaire.

  1. Les évolutions intervenues au niveau international confirment la nécessité de travailler pour la création et le développement d’un vaste mouvement pacifiste dans notre pays et sur la scène internationale pour contrer les projets impérialistes et les interventions des États-Unis et de l’OTAN, mais aussi la soumission totale du gouvernement Syriza-Anel face à ces derniers, une soumission scellée par les rencontres et les accords entre le Premier ministre grec et le président des États-Unis. Dans le même temps, notre pays a besoin de se dégager des projets opportunistes et impérialistes qui ont cours dans toute notre région, de s’engager dans le cadre d’une politique antimilitariste, pacifique et étrangère multidimensionnelle s’agissant de relations internationales et économiques. La nécessité de former dans notre pays un nouveau courant politique reliant la question des mémorandums d’austérité à la sortie de la zone euro et de l’UE tout en promouvant un programme transitoire favorable au peuple dans un horizon socialiste moderne, se trouve-t-elle aussi confirmée.

  1. Depuis le début de cet automne (sur la base des déclarations du Premier ministre dans le cadre de la Foire Internationale de Thessalonique, de ses rencontres avec Macron et des assemblées des industriels) on observe un virage politique nouveau et plus rapide, droitier et néolibéral, amorcé par le gouvernement Syriza-Anel (adoption d’un programme mémorandaire, appropriation du programme économique de Nouvelle Démocratie (ND) concernant les profits capitalistes, les « investissements », etc). Le Premier ministre ne joue plus le rôle de l’homme de gauche, forcé de capituler à cause des traités. Pour cette raison les mémorandums de son gouvernement et les politiques antipopulaires exécutives soit des mêmes soit des précédents gouvernements mémorandaires ne s’appellent plus des « réformes ». Il présente son gouvernement comme plus efficace que les précédents gouvernements mémorandaires dans la promotion de ces politiques, ne suscitant aucune résistance sociale remarquable, c’est-à-dire un gouvernement devenu l’expression la plus authentique du système mémorandaire économique et politique. Attirer des « investissements » de la part des multinationales, promouvoir de manière effective le bradage des richesses du pays, tout cela correspondant à des acquisitions d’entreprises prêtes à l’emploi et d’infrastructures et non à de nouvelles activités, constituent la nouvelle règle du gouvernement.

  1. Dans le même temps le gouvernement, pour faire face au mécontentement populaire dû aux effets radicaux de ses politiques exécutives, continue à faire de la diversion politique en parlant de sa propre success-story, à savoir qu’en tant que peuple et pays nous avons passé le cap des mémorandaires difficiles, que le plus difficile est derrière nous et que nous nous dirigeons vers une sortie nette des mémorandums, un développement équitable incluant une protection sociale et du travail.

De plus, le gouvernement, pour montrer un visage soi-disant social, essaie de valoriser quelques interventions parcellaires et insuffisantes dans le domaine du travail et de la sécurité sociale, qui n’affectent pas, mais perpétuent le cœur de la démolition mémorandaire sans cesse à l’œuvre du travail et de la sécurité sociale, ainsi que quelques miettes d’aide humanitaire, à destination de citoyens réduits à la pauvreté par les mémorandums, au moment même où il supprime les politiques sociales et les allocations. Quoi qu’il en soit, ces politiques sont appliquées par le gouvernement, non pas pour reconstituer l’état social taillé en pièces par les mémorandums, mais sur la base de ses engagements mémorandaires en lieu et place de politiques sociales et d’ allocations assurées par les réseaux à destination de la pauvreté et par la charité d’un soi-disant revenu social garanti.

  1. Au même moment, le gouvernement accentue la polarisation politique avec Nouvelle Démocratie (ND) et Mitsotakis au sujet de la politique économique hors mémorandums, accusant ce dernier d’être l’instrument politique de l’extrême droite de l’hémicyclique, d’être thatchérien, anticommuniste, etc. et, en tout état de cause, pire que Tsipras. Le Premier ministre essaie également de s’approprier politiquement A. Papandréou dans le but soit d’une coopération postélectorale Syriza-Pasok (ralliement) soit d’une incorporation politique complète de la base sociale de tout le « vieux » Pasok.

  1. Le gouvernement continue parallèlement avec cette politique tacticienne à voter et à appliquer des mémorandums désastreux, en avançant l’argument qu’il n’existe soi-disant pas d’autre alternative. C’est avec tous ces moyens qu’il essaie de créer un climat d’acceptation des mémorandums comme règle politique et économique, qu’il renforce dans le peuple le sentiment d’impasse politique et économique, de résignation, de défaitisme, de passivité et d’inaction dans la lutte, jetant le discrédit sur les idées et la fiabilité politique de la gauche. Son objectif principal est d’empêcher les explosions sociales et une éventuelle crise politique, que pourraient entrainer les politiques mémorandaires antipopulaires mises en oeuvre.

  1. Cependant, ce plan politique et le nouveau récit du gouvernement sont difficilement réalisables, car ils entrent en conflit avec la noirceur de l’économie mémorandaire et la réalité sociale. Les politiques mémorandaires poursuivies renforcent les impasses économiques, l’appauvrissement du peuple et la tutelle des créanciers. Le « résiduel » de l’amortissement de la dette ne laisse aucun fonds disponible, tandis que la contraction de la demande des consommateurs du fait de la saignée constante des revenus populaires, « assèche » le territoire pour les germes probables de développement et la création d’emplois stables. Il faut souligner que le PIB, sur la durée de la crise (2009-2016), a diminué d’environ 28% et se trouve à son niveau le plus bas depuis 2001 (avant l’entrée dans la zone euro). Il s’agit de la baisse la plus importante enregistrée dans un pays développé depuis l’après-guerre. Par conséquent, une hausse ne serait-ce que minime depuis 7 années de baisse constante, ne peut être considérée comme un marqueur de « réussite » de la politique menée par le gouvernement. Elle n’ira d’ailleurs ni à la classe ouvrière ni aux couches populaires, mais aux bénéfices du capital intérieur et des multinationales, pour lesquels notre pays, par le biais des mémorandums, s’est transformé en « zone économique spéciale » caractérisée par des travailleurs privés de droits et une réduction de la protection de l’environnement.

Le gouvernement n’a de cesse de présenter comme un exploit la baisse marginale des chiffres officiels du chômage (de 23,4% au dernier trimestre de 2016 à 21% en juin 2017). Cependant, ces chiffres officiels ne comptabilisent ni les sous-employés à temps partiel qui souhaitent travailler plus d’heures ni tous·tes ceux·elles qui ne travaillent qu’une ou quelques heures par semaine, que les statistiques officielles n’enregistrent pas comme travailleurs, mais qui, en réalité, ne sont pas au chômage. Mais surtout, ces chiffres ne comptabilisent pas les jeunes qui sont contraints de partir à l’étranger et tous ceux qui sont engagés dans des programmes temporaires pour l’emploi. Par conséquent, le chômage réel est d’environ 1/3 plus important que les chiffres officiels et avoisine 30%. La Grèce demeure la « championne » en matière de chômage par rapport au niveau moyen (9,1%) de la zone euro et au niveau moyen (7,7%) de l’UE. Elle demeure également la « championne » en matière de chômage des jeunes et de fuite des jeunes chercheurs à l’étranger.

Le crash des salaires et des retraites des années mémorandaires a contribué à la réalisation des « excédents » primaires, mais, en même temps, à l’appauvrissement de vastes couches populaires (le pourcentage de ceux qui vivent au seuil de la pauvreté est passé de 18% en 2009 à 48% en 2016), tandis que parallèlement, du fait de la baisse de la demande, l’activité de production et la base de production du pays ont été touchées, occasionnant la baisse du PIB par habitant au-dessous du niveau où il se trouvait avant l’entrée dans la zone euro (2001).

Mais surtout, la success-story du gouvernement bute sur la situation précaire des banques grecques, pour lesquelles, en dépit du récent compromis FMI-BCE au sujet de l’accélération des stress tests avant l’expiration formelle du 3e mémorandum, le FMI a déjà tiré la sonnette d’alarme concernant la nécessité d’une nouvelle recapitalisation. Si cela se produit, il y aura un nouvel emprunt et, de fait, une augmentation de la dette publique rendant impossible une sortie « propre » de la Grèce sur les marchés.

Le pillage constant des revenus populaires depuis le 3e mémorandum (que le gouvernement lui-même a signé), mais aussi depuis les précédents mémorandums, les nouvelles charges fiscales et les diminutions des dépenses publiques sociales prévues dans l’avant-projet du budget de l’État 2018, le nouveau Kaiadas social adopté avec la troïka et promu pour les années à venir (nouvelle diminution de 30% des retraites de base et complémentaires, de l’exonération d’impôts, disparition définitive de l’EKAS, massacre des allocations d’assistance aux handicapés, nouvelle dégradation des rapports dans le monde du travail, abolition effective du droit de grève, bradage définitif du pays avec de nouvelles privatisations se montant à 5,5 milliards) font monter le mécontentement populaire. Cette situation isole le gouvernement des travailleurs et des couches populaires, qui l’ont soutenu électoralement lors des deux scrutins de 2015. Tous ces éléments, sous certaines conditions, pourraient entraîner une évolution sociale et politique allant jusqu’au renversement, ce que celui-ci veut éviter.

  1. La Nouvelle Démocratie (ND), parce que le gouvernement copie sa politique mémorandaire et néolibérale, l’affronte, non pas sur la base de quelques propositions de résolutions alternatives aux mémorandums, mais sur la question de savoir qui obtiendra le pouvoir de gouverner, pour appliquer avec plus d’efficacité les politiques mémorandaires néolibérales. Toutefois, les incidences idéologiques au sein des couches populaires de la capitulation et de la mutation mémorandaire de Syriza sont très importantes et appelées à durer. Elles conduisent à accroître l’écho des doctrines conservatrices et néolibérales et, sous la responsabilité de Syriza, elles ouvrent la voie à une souveraineté idéologique et un retour politique au gouvernement de la droite authentique, c’est-à-dire celle de Nouvelle Démocratie et de ses alliés de bonne volonté.

  1. Les procédés au sein de ce que l’on appelle le centre gauche, c’est-à-dire les vestiges du périmètre du PASOK (élections pour la nomination du chef, etc.), ne donnent pas d’élan politique particulier, et ce malgré le soutien inconditionnel apporté par les PME liées au système, à la construction politique centriste dont la forme est indéfinie, qui émergera, malgré le soutien total que lui fournissent les PME liées au système. Elle est destinée à être une force complémentaire de Syriza ou de Nouvelle Démocratie, en fonction des circonstances et des équilibres, à la seule fin d’une lutte de pouvoir gouvernemental, puisque de toute manière tous agissent dans le même cadre programmatique et politique mémorandaire.

  1. Dans le périmètre de la Gauche et des forces antimémorandaires, continue d’exister que ce soit du fait d’une autosuffisance politique et d’une arrogance, ou du sectarisme, un climat de « couloirs séparés » ou encore d’intense débat, qui ne correspond pas aux exigences croissantes du peuple concernant une action commune, une coalition ou même une collaboration politique et électorale. Toutefois, l’Unité Populaire, avec un sentiment de responsabilité, de solidarité, d’importance historique de ce moment et d’accomplissement de la dette devant le peuple, continuera à essayer de créer un front avec ces forces.

  1. Les luttes du peuple et plus particulièrement des travailleurs, hormis quelques pics limités à certains espaces, ont continué même ces 5 derniers mois à ne pas être au niveau de ce qu’exige la grande offensive que subissent les travailleurs, les retraités, les jeunes ainsi que le peuple tout entier. C’est à cette situation que conduit le climat de désenchantement qui s’est répandu dans des couches populaires plus larges, en raison de la mutation mémorandaire de Syriza et des politiques gouvernementales antipopulaires mises en œuvre, qui contribuent à un sévère recul de la propension révolutionnaire, qui s’est manifesté dans la société grecque avec l’effondrement du système de partis de 2012 lequel marquait un retour à la démocratie. C’est également au déclin des luttes sociales que contribue l’opinion selon laquelle les mass médias mettent systématiquement en avant le fait que les mémorandums sont la norme avant tout, qu’il n’existe pas de solution alternative et que le syndicalisme patronal et gouvernemental joue un rôle compromettant. Par ailleurs, la situation de fragmentation et d’oppositions dans le champ de la gauche et des forces antimémorandaires n’est pas favorable au développement des luttes.

Malgré tout, il existe actuellement des poches de résistance, comme c’est le cas par exemple pour la vente aux enchères et les expulsions, et dans certaines zones elles ont même commencé à devenir un phénomène global en lien avec les collectivités locales. Il faut également citer la lutte des travailleurs du secteur public contre l’évaluation mémorandaire que le gouvernement a voulu imposer allant jusqu’à briser les grèves, pour pouvoir contracter au maximum le secteur public et notamment ses services sociaux à destination du peuple. Une série de lutte se développe également sur des lieux de travail ciblés, luttes qui, selon certains scénarios, sont susceptibles de s’étendre et de s’intensifier.

Merci à Vanessa de Pizzol pour la traduction